
Frères travailleurs" par Aïder

"Le carême de Si Salah" par Guerroui

"Comportements" par Tenani

"Ramadhan 1408" par Slim
ajouter un commentaire commentaires (0) recommander
| Juillet 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||




Pour avoir publié quelques dessins dans la presse coloniale des années cinquante le défunt Aït Djaffar, auteur des « complaintes des mendiants de la Casbah et de la petite
Yasmina assassinée par son père », peut être considéré comme le précurseur de la caricature en Algérie. Dès l'indépendance, en 1962, ce moyen d'expression est omniprésent dans le paysage
médiatique officiel du pays. La presse arabophone et francophone publie régulièrement des dessins liés à l'actualité nationale et internationale. Les noms de Chid, Haroun, Slim, Kaci, Tenani,
Aïder, Hiahemzizou, Arab, Hankour, Melouah, Maz, Ryad, Daho, Alilo Dorbane, Gébé … paraissent régulièrement.
En 1990, l'avènement de la démocratie suscite un foisonnement de publications en tous genres. Ne voulant pas être en reste les dessinateurs se regroupent de nouveau autour d'un projet de journal
satirique, EL MANCHAR.
EL MANCHAR, ( La scie ), est un mélange subtil et détonnant de textes satiriques, de dessins et de bandes dessinées politiques et sociales. Son succès auprès des lecteurs dépasse
les prévisions les plus optimistes. Ce bimensuel, tiré à 200.000 exemplaires, est épuisé dès les premiers jours de sa sortie en kiosque.
Il confirme le talent des anciens (Haroun, Aïder, Tenani, Melouah, Slim, Bouslah, Ryad...) et révèle de nombreux auteurs inconnus parmi lesquels Dilem, Sour, Fathy, Hic, Benyezzar, Bouss,
Aknouche, Ayoub, Abi, Gyps, Dahmani, Beneddine, Nedjmedine… La qualité de son contenu et l'insolence de sa ligne éditoriale surprennent et dérangent certaines personnalités du pouvoir qui
n'aiment pas être contrariées. Elles essaient en vain de le récupérer en lui faisant des appels du pied sous forme de propositions d'aides financières et matérielles. Mais EL
MANCHAR est le seul périodique algérien à vivre de ses ventes et, faute de local, à réunir sa rédaction dans la salle d'exposition Franz Fanon, ouverte au public et en présence de
visiteurs perplexes.
Certains noms de journalistes, toutes fonctions confondues, sont cités avec fureur dans la haute sphère du pouvoir. Ils font aussi l'objet, dans les mosquées, de prêches virulents des leaders
islamistes. Ces gens qui se croyaient investis d'une mission divine sont ramenés à leur dimension de petits « Mickey » dans EL MANCHAR et BAROUD, un autre
périodique satirique créé par une partie du collectif.
En 1992, l'arrêt du processus électoral, dont le premier tour des législatives est nettement favorable aux candidats FIS va plonger pour longtemps le pays dans une spirale de violence infernale.
Lee islamistes, frustrés d'une victoire, se lancent dans l'action terroriste. Leurs premières cibles sont les intellectuels et les journalistes, qui les ont affrontés publiquement et dénoncé leur
projet de société.
Après l'assassinat du Président Mohamed Boudiaf et du grand écrivain et journaliste Tahar Djaout, le dessinateur Slim est le premier à rallier le Maroc puis la France.
Le célèbre dessinateur, billettiste, chroniqueur et éditorialiste, Saïd Mekbel, est abattu d'une balle dans la tête. Le dessinateur Brahim Guerroui, dit Gébé, est kidnappé le soir à son domicile
par les groupes armés. Le lendemain, à la cité populaire des Eucalyptus, il est jeté au pied de son immeuble, les mains ligotées au fil de fer et la gorge tranchée.
Le dessinateur Dorbane succombe lors de l'explosion d'une voiture bourrée de T.N.T. devant la maison de la presse. Le talentueux scénariste, romancier et billettiste Djamel Dib meurt après un
coma diabétique consécutif à d'un choc émotionnel. EL MANCHAR cesse de paraître et, à l'instar de tous les journalistes de la presse algérienne, les dessinateurs entrent dans la
clandestinité. L'Algérie donnait ainsi au monde de la presse satirique et de la bande dessinée les premiers martyrs.

"Boîte à chique" de Slim publié dans Révolution Africaine n°1310 avril 1989
La bande dessinée algérienne a célèbré ses quarante années d'existence il y a 3 ans de cela. En fait, son
histoire a commencé peu après l'indépendance du pays et de façon épisodique, par une première parution, dans l'hebdomadaire Algérie actualités, de la bande dessinée de Mohamed Aram : «
Naâr, une sirène à Sidi-Ferruch ».
Elle est suivie de la B.D. de Slim que publie le quotidien de langue française El moudjahid : « Moustache et les Belgacem »et celles de Rachid Aït Kaci, « Tchipaze », de Mohamed Bouslah, «
Krikech », de Nour-eddine Hiahemzizou, « Zach », de Mohamed Mazari, « Tchalabi »…
Mais la merveilleuse aventure de la bande dessinée algérienne débute en 1968 par la réalisation du premier illustré algérien, « M'QUIDECH
», du nom d'un célèbre personnage de la tradition populaire algérienne qu'édite la Société nationale d'édition et de diffusion, la SNED sous la direction de A. Madoui et de
Kapitia.
Ce nouveau titre, qui intervient comme une sorte de libération et propose une alternative nationale aux nombreux illustrés étrangers disponibles à l'époque, est réalisé par une bande de gamins
dont la moyenne d'âge n'excède pas seize ans. MQUIDECH, dont le succès est immédiat, permet l'éclosion de nombreux jeunes talents tels que
Amouri, Taïbi, Tenani, Melouah, Aïder, Guerroui, Tidadini, Zeghidour, Rahmoune, Hebrih, Aït Hamoudi, Ferhat, Ryad, Beghdadli, Assari, Oulmane, Khiari…et l'affirmation d'auteurs expérimentés comme
Haroun, Kapitia, Mazari, Slim, Bouslah…
L'expérience de MQUIDECH sera suivie par d'autres périodiques au destin éphémère à l'instar de M'CID, IBTACIM, TARIK, PANGO, ALBUM, FANTASIA, BOA, SCORPION, TIM…
Durant les années quatre vingt, l'ENAL, entreprise publique issue de la restructuration de la SNED, publie de nombreux albums et permet à des auteurs aux grandes potentialités artistiques-
Masmoudi, Malek, Hankour, Berber, Souici, Bordji …- de se faire connaître. De même que le premier festival international de la bande dessinée et de la caricature organisé par la commune de Bordj
El Kiffan (près d'Alger) révèle au public de jeunes dessinateurs au style affirmé, issus de l'émigration algérienne en France, en l'occurrence Farid Boudjellal, Larbi Mechkour et Rasheed.
Couverture du magazine de bd "ALBUM"
Couverture du magazine de bd "IBTACIM"

Couverture du magazine de bd "PANGO" version arabe "CHARIT"

Couverture du magazine de bd "BOA"
Album de BD réalisé par Tenani en 1981, publié par la SNED.


Planches extraites du récit :
"la gourde".

Planche extraite du récit : "le
combattant".

Planche extraite du récit : "le
survivant".


Planches extraites du récit : "l'éclaireur".






Couverture de l'album
Illustration représentant le débarquement des troupes
La forteresse de Bordj Tamentfoust, important
bastion

Le Secret de la Citadelle
Album de bandes dessinées, genre science fiction, réalisé dans les années 90 et publié en 2000 par les éditions Mihoubi.
L'histoire traite du problème de racisme mais également du danger du nucléaire. Album réalisé en noir et blanc.

1968 : Il débute dans le journal de « M’Quidèch » nouvellement crée et se lance dans l’aventure à l’âge de 16 ans en publiant sa première bande dessinée avec le personnage de « Grand Babah », publiée dans le numéro 02 du journal.
1972 : Il excelle et réalise des bandes dessinées sur les faits marquants de la Lutte de libération nationale de 1830 à 1962 : « Saâdi » sur un scénario de A. Boukhalfa et Tenani, « De nos Montagnes » une série étalée sur plusieurs numéros de l’illustré « M’Quidèch ».
1976 : Il participe à la création de « Tarik », un journal de B.D. édité par le Musée National des Moudjahidine.
1978 : Publication d’une série d’aventures de Science-fiction dans différents magazines de B.D.
1981-1982 : Illustrations de nombreux contes pour enfants : La Plante bénéfique, La Potière, La Vache des Orphelins, Le Trésor caché…
1982 : Il décroche à Lucca (Italie) avec le collectif des bédéistes algériens, le Prix Caran d’Ache.
1984 : Exposition à Angoulême. Tenani participe successivement de 1984 à 1986 au Festival International de Bande Dessinée et de la Caricature de Bordj El Kiffan.
1985 : Tenani publie deux albums « Les hommes du djebel » et « Le fusil chargé ».
1990 : Il collabore à l’illustré « Scorpion » avec une bande dessinée de science-fiction « Argonka, la planète vivante ». Il écrit et dessine les scénarios de plusieurs B.D. publiées en albums : « Présences », « Le grand échiquier », « Les Hamamiss », « Histoires de tous les jours ».
1990 : Membre fondateur du journal satirique « El Manchar » (La Scie), il réalise d’excellentes caricatures et illustrations jusqu’à l’an 2000.
2002 : Il travaille pour le compte de la Maison d’édition Mihoubi où il occupe le poste de Directeur de l’Edition et réalise différents ouvrages destinés aux enfants. Participation au Salon du Livre (SAFEX Alger) en 2002 et 2003.
Il peut paraître étonnant que l’Algérie considérée pendant de longues années comme
''LE'' pays de la BD dans le Maghreb, voire dans le monde arabe, connaisse actuellement une production de bandes dessinées aussi faible, où les nouvelles parutions se comptent
sur les doigts de la main. Pourtant, nombre d’auteurs sont aujourd’hui exilés depuis les années 90.
Ismael Aït Djaffar (l’auteur des "Complaintes des mendiants de la Casbah") qui a publié quelques dessins dans la presse coloniale des années cinquante, peut être considéré comme le précurseur de
la caricature en Algérie.
Mais, c’est en fait surtout après l’indépendance du pays, en 1962, que l’histoire de la bande dessinée algérienne démarre. Dès cette époque, ce moyen d’expression est omniprésent dans le paysage
médiatique officiel du pays : la presse arabophone et francophone publie régulièrement des dessins liés à l’actualité nationale et internationale.
Les dessinateurs Chid et Haroun sont ainsi les doyens des dessinateurs de presse de l’Algérie indépendante. Le 26 octobre 1962, Haroun débute comme illustrateur au journal Le
Peuple en langue française, devenu Echaâb en langue arabe et pour lequel il réalise plusieurs illustrations de romans ou de textes historiques dont "Le baptême des maquis" ou "Les
frères Barberousse..."
Dans la première moitié des années 60 également, l’hebdomadaire Algérie actualité publie une bande dessinée de Mohamed Aram, "Naar",
l’histoire d’un super héros qui combat des sirènes. En 1968, une autre BD est publiée dans Algérie actualité : "Moustache et les frères Belgacem", créée par un tout nouvel auteur,
Slim. Le personnage de Mimoun y fait son apparition. Il deviendra plus tard le héros algérien le plus populaire de la BD, sous le nom de "Bouzid". Suivent des BD signées Rachid Aït Kaci
"Tchipaze", Mohamed Bouslah "Krikeche", Nour-eddine Hiahemzizou "Zach" ou encore Mohamed Mazari "Tchalabi".
Derniers Commentaires